Une inspection à haute altitude
SupAirVisionPour pallier le manque de main d’œuvre et améliorer l’effi cacité des contrôles, SupAirVision a développé trois drones destinés à l’inspection des éoliennes.
« Une pale d’éolienne est difficile d’accès : elle est en hauteur et dans un milieu venté. Aujourd’hui, pour l’inspecter, un cordiste descend en rappel le long de celle-ci. Utiliser un drone offre plus de sécurité puisque les techniciens restent au sol, et une plus grande rapidité », expose Sébastien Arnould, le dirigeant de SupAirVision. Celui-ci a fondé cette start-up axée sur la recherche et le développement d’engins téléguidés destinés à l’inspection de pales en 2017. Alors qu’il était exploitant de drones en Champagne-Ardenne, il a cherché à utiliser cette compétence pour faire de l’inspection industrielle. « Ici, l’industrie la plus évidente, ce sont les éoliennes : elles sont très présentes dans la région. Le drone est un moyen léger qui permet de prendre de la hauteur rapidement et facile à mettre en œuvre », avance Sébastien Arnould.
Ces équipements ont en effet besoin d’être inspectés régulièrement. Ils sont soumis à des contraintes mécaniques et météorologiques permanentes (soleil, foudre, gel). Une pale défectueuse est moins performante, génère des vibrations, peut se fissurer ou même se casser, ce qui engendre un arrêt de la machine et donc une perte financière pour l’exploitant. « Nos premiers tests avec un drone ont été concluants. Toutefois, pour que l’outil s’intègre dans la maintenance industrielle de la filière éolienne, il fallait apporter beaucoup d’ergonomie et de technologies », ajoute le fondateur de SupAirVision. Ce dernier embauche alors une équipe de R&D.
Trois objectifs l’animent : rendre les drones les plus autonomes possibles voire automatiques ; améliorer les capteurs existants et en inventer de nouveaux ; et enfin optimiser et renforcer la digitalisation du traitement des données.
Trois outils de diagnostic
Depuis, SupAirVision a développé trois systèmes de diagnostic. Le premier, Sherlock, est une inspection photographique. Elle consiste à relever les défauts en surface de la pale : fissures, impacts, défauts d’érosion, etc. Le second, Clarity, établit une thermographie pour déceler des anomalies dans l’épaisseur de la pale, des délaminages par exemple. Ce décollement de matière peut produire une fissure des mois plus tard voire des années. « Le but est de les détecter le plus tôt possible pour que la réparation coûte le moins cher possible », précise Sébastien Arnould. Enfin, le troisième, Volta, vérifie le fonctionnement du chemin de foudre. En effet, chaque éolienne dispose d’un parafoudre interne. La foudre est interceptée grâce à des capteurs métalliques en bout de pale puis cette énergie est redirigée à la terre grâce à un câble en cuivre. Volta mesure la résistivité de ce chemin de foudre en créant une boucle électrique. Pour cela, avec un câble, le drone relie la pale de l’éolienne, sur laquelle il va appuyer son capteur, et le sol. « Si la résistance est faible, cela veut dire que le système fonctionne parfaitement. Sinon, il y a de la perte. Et, si elle est élevée, cela signifie que le circuit est coupé », indique Sébastien Arnould.

Pour ces trois paramètres, d’autres instruments existent. « Ce qu’on l’on apporte, c’est de la rapidité, de la fiabilité et de la digitalisation. Le cordiste enregistrait les résultats sur un appareil ou un calepin et effectuait le rapport quelques jours plus tard. Nous, nous avons développé un logiciel pour que les données soient enregistrées en direct. Elles sont ensuite analysées par nos soins », expose-t-il. Les équipes de SupAirVision cherchent également à mettre des intelligences artificielles (IA) à profit. Ainsi, les photos prises par Sherlock sont déjà assemblées automatiquement par une IA. Et un produit de détection automatique de défauts est actuellement en développement.
Sébastien Arnould est confiant sur le potentiel de ses technologies. « Les besoins augmentent pour plusieurs raisons. Le marché éolien croît rapidement, les aéromoteurs sont de plus en plus grands et donc de moins en moins accessibles, les parcs commencent à vieillir et demandent plus de maintenance. La réglementation prévoit également des inspections de plus en plus régulières. En face, le marché des cordistes ne progresse pas aussi vite… », conclut le dirigeant de SupAirVision.