« Les industriels connaissent peu les opérations spécifiques »

21 12 2023
Léa Surmaire
EPSA
Quentin Despres, consultant pour le cabinet de conseil EPSA

Quentin Despres est consultant en efficacité énergétique pour le cabinet de conseil en optimisation de performance Epsa. Il détaille les critères d’éligibilité et la méthode de calcul des opérations spécifiques, un volet du dispositif des certificats d’économies d’énergie qui affiche encore de nombreuses limites.

En quoi les opérations spécifiques sont-elles intéressantes pour les industriels ?

Quentin Despres : Les fiches d’opérations standardisées sont surtout liées aux utilités, c’est-à-dire à la production d’énergie qui va servir au process : groupe froid, compresseur, etc. Pourtant, dans l’industrie, les investissements qui amènent le plus d’économies d’énergie sont en général au niveau du process lui-même. C’est le cas par exemple des fours de chauffe pour la métallurgie ou encore des lignes de la machine à papier en papeterie. En effet, les utilités représentent environ un tiers des consommations d’énergie des industriels contre deux tiers pour les outils de process.

Pourquoi les opérations spécifiques sont-elles encore peu utilisées ?

Q. D. : Au regard de ma propre expérience, je peux citer plusieurs raisons. Déjà, on se retrouve face à des industriels qui ignorent l’existence de ce volet des certificats d’économies d’énergie (CEE) ou leur possibilité de le solliciter pour financer des projets qui sortent du catalogue de fiches. Pour les fiches d’opérations standardisées, c’est l’inverse parce que souvent les fournisseurs les proposent directement. La deuxième raison principale, c’est que le montage du dossier est plus complexe que celui nécessaire à une demande d’opérations standardisée où l’industriel dispose d’une fiche de calcul prédéfinie avec le montant de KWh cumac économisé et le niveau de CEE mobilisé. Pour chaque demande d’opération spécifique, il faut calculer les économies d’énergies avec une méthode spécifique. Ainsi, si nous n’allons pas à la rencontre des industriels, c’est très rare qu’ils viennent à nous de façon spontanée. Ils n’ont souvent pas la compétence en interne. 

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