Le système énergétique de 2050 vu par négaWatt

04 11 2021
Olivier Mary
Adobe Stock

L’association négaWatt publie un nouveau scénario prospectif de transition énergétique pour la France. Il formule des propositions pour atteindre la neutralité carbone en 2050 en s’appuyant à 96 % sur des ressources énergétiques renouvelables, tout en réduisant l’extraction de matières premières. C’est d’ailleurs une nouveauté de cette édition qui prend en compte ce paramètre pour la première fois.

Tous les cinq ans, l’association négaWatt publie son nouveau scénario. Il vise à diminuer significativement les impacts environnementaux et les risques technologiques associés à l’énergie, tout en atteignant la neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, il repose sur un triptyque immuable : sobriété, efficacité et renouvelables. Toutefois, ce nouveau volet recèle aussi quelques nouveautés. La plus notable est la prise en compte des ressources naturelles nécessaires à la transition. Le scénario négaWatt est désormais couplé à un scénario négaMat qui évalue l’évolution possible des consommations de matériaux en intégrant des hypothèses de sobriété, d’efficacité et de substitution par des sources renouvelables.

negaWatt

Sobriété et efficacité

Pour réduire les consommations du pays, l’association suggère de mener une politique ambitieuse afin de développer les transports en commun, le vélo et la marche. Outre le report vers ces moyens de transport, l’étude préconise de baisser les vitesses en ville et sur les autoroutes, mais aussi de mettre en œuvre une redevance kilométrique sur le fret routier pour rendre le fret ferroviaire plus compétitif. La baisse du trafic routier devra se combiner avec de nouvelles motorisations : électriques pour les véhicules individuels et bioGNV, voire hydrogène, pour les déplacements longue distance. Agir rapidement sur l’efficacité énergétique des bâtiments est l’autre axe majeur. L’association préconise notamment de réorienter les financements dédiés à la rénovation vers le niveau BBC et de rendre obligatoire la rénovation des maisons individuelles lorsqu’elles sont vendues et celle des copropriétés lors des ravalements. Pour réduire l’impact des biens de consommations, négaWatt suggère d’allonger leur durée de vie en obligeant les industriels à proposer une garantie plus longue et une plus grande réparabilité. Elle voudrait aussi voir s’accroître l’ambition des réglementations européennes sur l’écoconception et l’étiquetage des appareils ainsi que le taux de recyclage grâce à la mise en place d’une écocontribution. Enfin, l’étude considère qu’il faut décarboner les procédés industriels et restreindre les consommations énergétiques des acteurs du numérique.

Essor des renouvelables

Le scénario envisage que l’éolien sera la première source d’énergie en 2050. Elle sera multipliée par 2,1 par rapport à 2020 pour atteindre un total d’environ 19 000 éoliennes. En outre, 3 000 de plus seront installées en mer. La filière produira alors plus de 300 TWh. Le photovoltaïque connaîtra lui aussi un essor important et dépassera les 150 TWh de production. Quant au bois- énergie, il permettra de générer presque 200 TWh. Alors que la consommation d’énergie diminue et que la production renouvelable augmente, les énergies fossiles s’effaceront progressivement. Dans le scénario, aucun des 56 réacteurs en activité n’est prolongé au-delà de 50 ans. En 2045, il n’y a donc plus de nucléaire. « L’impact des renouvelables est bien meilleur que le nucléaire en terme de soutenabilité. Elles sont aussi plus fiables et moins couteuses à construire que des réacteurs », estime Yves Marignac, chef du Pôle énergies nucléaire et fossiles de négaWatt. La production 100 % renouvelable ne déstabilisera pas pour autant le système électrique… Selon le scenario, l’équilibre sera atteint grâce à la complémentarité des sources, à la flexibilité de la consommation et à l’installation de dispositifs de stockage d’énergie. Et cela en préservant les matières premières grâce aux actions de sobriété et d’efficacité menées dans tous les secteurs, mais aussi à la substitution de matériaux non renouvelables par des matériaux biosourcés et à l’augmentation des taux de recyclage. Seul le lithium verra sa consommation croître afin de soutenir l’essor du véhicule électrique et du stockage d’électricité.

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