Un plan national pour dynamiser la filière géothermique

28 02 2023
Clément Cygler
RGtimeline/Adobe Stock

Si la géothermie est rarement prise en compte dans les politiques énergétiques nationales, comme c’est une nouvelle fois le cas dans la loi d’accélération des énergies renouvelables, elle fait désormais l’objet d’un plan national d’actions.
Objectif : doubler le nombre de pompes à chaleur géothermiques d’ici 2025 et augmenter de 40 % le nombre de projets de géothermie profonde à l’horizon 2030.

Présenté le 2 février par la ministre de la Transition énergétique, le plan national d’actions vise à accélérer le déploiement de la géothermie et ainsi décarboner une partie de la production de chaleur. Celle-ci constitue près de la moitié de la consommation finale énergétique et reste majoritairement produite par des énergies fossiles. En 2021, les énergies renouvelables représentaient ainsi seulement 24 % de la consommation finale de chaleur et de froid, et la géothermie que 1 %, soit environ 6 TWh en France métropolitaine.

Selon Agnès Pannier-Runacher, il faudrait « produire en quinze à vingt ans suffisamment de chaleur géothermale pour économiser 100 TWh par an de gaz, soit plus que les importations de gaz russe avant 2022 ». Élaborée par le Ministère, en collaboration avec le Haut-commissariat au plan, la feuille de route prévoit ainsi une augmentation de 40 % des projets de géothermie profonde d’ici à 2030 et le doublement du nombre d’installations de pompes à chaleurs (PAC) géothermiques chez les particuliers d’ici à 2025.

Quantité et qualité

Comportant six axes et une quinzaine d’actions, le plan concerne aussi bien la géothermie de surface que la géothermie profonde. Pour la première filière citée, il prévoit de « renforcer la capacité de forage en géothermie de surface pour répondre à la demande des secteurs résidentiel et tertiaire ». Seulement une cinquantaine d’entreprises sont aujourd’hui qualifiées pour réaliser ce type de forage. L’augmentation de leur nombre requiert un développement des formations continues et la création de formations initiales. Mais la hausse d’entreprises qualifiées ne devra pas se faire au détriment de la qualité des opérations menées, ce qui implique une harmonisation des exigences relatives ainsi qu’une adaptation réglementaire pour certaines solutions comme les sondes géothermiques inclinées.

Visibilité et soutien financier

Doubler le nombre d’installations de PAC nécessitera également de renforcer la visibilité des professionnels et surtout d’apporter plus de soutiens financiers, via différents dispositifs (Agence nationale de l’habitat, certificats d’économies d’énergie, TVA à taux réduit, éco-prêt à taux zéro, etc.). Dès mars 2023, le montant du Coup de pouce chauffage sera également porté à 5 000 euros pour tous, contre actuellement 4 000 euros pour les ménages les plus modestes et 2 500 euros pour les revenus intermédiaires et supérieurs. « En cumulant ce Coup de pouce aux autres dispositifs de soutien, jusqu’à 90 % du coût total de l’installation pourra être pris en charge par l’État pour les ménages les plus modestes », avancent les auteurs du plan.

Concernant la géothermie profonde, les mesures portent avant tout sur l’identification et la valorisation des aquifères profonds inconnus ou sous-exploités, comme l’ont souligné l’Ademe et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). « L’objectif est de mettre à la disposition des industriels et des collectivités des informations sur la connaissance du sous-sol, en s’appuyant d’une part sur la synthèse et l’analyse de données existantes à l’échelle régionale ; d’autre part sur de nouvelles acquisitions permettant de caractériser les aquifères cibles », précise le plan. Il est par ailleurs prévu de pérenniser le fonds de garantie géothermie, géré par la SAF-Environnement, et de le réaménager pour couvrir une part plus importante du risque géologique.

Relais locaux

Des actions transversales sont également souhaitées pour aider au déploiement de la géothermie, en accélérant par exemple le développement d’un réseau d’animateurs régionaux sur l’ensemble du territoire. Ces réseaux locaux constituent des relais de formation et d’information tant pour les particuliers que pour les institutionnels publics ou privés. Enfin, la question du soutien financier reste centrale afin de susciter de nouveaux projets. Mais le renforcement des aides du Fonds Chaleur, combiné à l’apparition de nouvelle modalités de financement tel que le tiers-investissement, seront-ils suffisants pour atteindre ces objectifs ambitieux ?

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