ATEE
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Édito
La rédactionL’attaque contre l’Iran et la fermeture consécutive du détroit d’Ormuz, au-delà des conséquences humaines qu’entraîne toute guerre, créent une vive inquiétude sur l’approvisionnement en pétrole, en gaz naturel liquéfié et en engrais des pays industrialisés.
Hausse des prix, inflation, insatisfaction populaire… : la spirale est connue. Des mécanismes d’urgence pourront s’avérer nécessaires, comme ce fut le cas lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait entraîné en cascade une hausse des prix du gaz, puis de l’électricité. Le contexte de finances publiques tendues rendra toutefois difficile la généralisation de mesures de soutien, qui seront certainement plus ciblées que par le passé. Mais un prix élevé des énergies fossiles constitue un puissant levier pour convaincre collectivités, entreprises et particuliers d’investir dans la transition énergétique. L’expérience a montré que lorsque le prix du gaz redescend, les projets de réseaux de chaleur diminuent. Quand le prix
du litre de fioul redevient acceptable, les ventes de pompes à chaleur ralentissent. Il en va de même pour les ventes de voitures électriques.
Cette nouvelle flambée s’inscrit dans un contexte politique qui ouvre des fenêtres d’opportunité. Le gouvernement français travaille à un grand plan d’électrification pour remplacer des usages fossiles par des usages électriques dans le chauffage ou la mobilité. La Commission européenne pousse dans la même direction, recommandant aux États d’abaisser la fiscalité sur l’électricité pour rendre les solutions électriques plus compétitives. Le leasing social sur le véhicule électrique de même que la bonification CEE sur les pompes à chaleur accompagnent les plus modestes dans des investissements. Les politiques publiques volontaristes peuvent prendre le relais pour rendre aussi le fonctionnement moins coûteux. Reste à ne pas oublier le gaz vert, puissant levier de décarbonation, de maîtrise des coûts et de souveraineté énergétique. Ce qui sort de nos méthaniseurs sera beaucoup plus difficile à bloquer que ce qui transite par la Russie ou l’Iran. À nous de n’oublier aucun des leviers pouvant
améliorer notre souveraineté énergétique.