Noisy-le-Grand : une transition aidée par la donnée
Vincent GuionetDepuis plusieurs années, Noisy-le-Grand mène une politique d’économie d’énergie. Les bâtiments publics sont rénovés et les dispositifs d’éclairage sont remplacés par des installations moins consommatrices. Ces initiatives, aidées par l’acquisition de données depuis deux ans, permettent déjà de réduire la facture énergétique de la collectivité.
Située à une dizaine de kilomètres à l’est de Paris, Noisy-le-Grand compte 68 000 habitants. La sixième ville de Seine-Saint-Denis a entamé depuis plusieurs années une politique de transition principalement axée sur les économies d’énergie. Elle est propriétaire d’environ 200 bâtiments représentant une surface totale de 200 000 m² comprenant notamment l’Hôtel de Ville, des centres techniques, des établissements culturels, 55 écoles et des infrastructures sportives. « La consommation de ces bâtiments publics atteint 30 000 MWh/an, dont 75 % en gaz et 25 % en électricité. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la ville sur les Scope 1 et 2 s’élèvent à environ 5 411,21 tonnes équivalent CO2 », détaille Brigitte Marsigny, maire de la commune depuis 2015. Par habitant, les rejets se chiffrent à 0,0789 teqCO2. Les bâtiments représentent 86,6 % des émissions totales de la collectivité contre 7,9 % pour les déplacements professionnels et 5,4 % pour les espaces publics extérieur.
Rénovations grâce à la donnée
La municipalité a donc surtout axé ses efforts sur les bâtiments. Elle met en œuvre depuis deux ans un projet baptisé Recital (Réduction des consommations immédiates et à long terme) après avoir répondu à l’appel à projet « Territoires intelligents et durables » lancé par le Gouvernement et conduit par la Banque des Territoires. Ce programme a pour objectif de piloter les politiques publiques de transition grâce à l’installation de capteurs et à l’exploitation des données. « Il doit nous aider à prioriser les projets de rénovation les plus importants », explique Brigitte Marsigny. Les chiffres récoltés depuis 2020 ont ainsi permis à la ville d’estimer le budget nécessaire aux travaux de rénovation de son patrimoine à plus de 80 millions d’euros, dont 70 M€ pour les seules écoles souvent très anciennes et dont certaines sont en préfabriqué. Compte tenu des investissements moyens annuels actuels, cela supposerait une quarantaine d’années de travaux.
Des actions ont déjà été menées sur les 40 bâtiments les plus consommateurs. 2 M€ par an sont actuellement consacrés à l’amélioration de leur confort thermique. Les chaudières vétustes ont été remplacées par des équipements moins énergivores, des régulateurs thermostatiques ont été installés, les menuiseries et l’isolation ont été refaites. Outre ces opérations de modernisation de l’existant, la ville a également fait construire une école à énergie positive qui a ouvert à la rentrée. Le bâtiment d’une superficie totale de 6 245 m² qui fait la part belle au bois, a été pensé pour produire plus d’énergie qu’il n’en consomme et ainsi réduire de 1 % (190 000 kWh/an) la consommation d’énergie de Noisy-le-Grand.
Actions sur l'éclairage public
Outre ses initiatives sur les bâtiments, la municipalité travaille aussi à rendre son éclairage public plus vertueux. En 2019, elle a lancé son « Plan lumière ». L’objectif est de remplacer les quelque 9 000 points lumineux présents dans la ville par des LED. « Nous avons également pris la décision de réduire la puissance et le temps d’éclairage : nous avons économisé 20 000 € en six mois en diminuant l’éclairage de 20 minutes par jour et encore 20 000 € en réduisant l’intensité lumineuse. Nous allons la baisser de 50 % dans certaines rues de la ville et éteindre les parcs fermés la nuit », détaille la maire de Noisy-le-Grand. Des horloges astronomiques permettent de maîtriser le temps d’allumage. 250 000 € d’économies par an seront ainsi réalisées lorsque la totalité des lanternes seront pilotables à distance.