Les PAC, une solution pertinente pour les bâtiments rénovés

28 03 2023
Clément Cygler
négaWatt
Consommations d’électricité, d’énergie fossile et émissions de GES des diff érentes solutions mettant en oeuvre les pompes à chaleur

Pour que les pompes à chaleur participent activement à la décarbonation du secteur du bâtiment, leurs conditions de fonctionnement et d’installation doivent être respectées. Une restructuration des mesures incitatives serait également nécessaire pour favoriser le recours à ce mode de chauffe.

Depuis quelques années, un développement important du marché des pompes à chaleur (PAC) a été observé en France, en raison notamment de l’instauration d’aides incitatives par l’État. Mise en avant pour remplacer les chaudières gaz et fioul, la PAC fait partie des solutions techniques susceptibles de réduire la consommation d’énergie finale ainsi que les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur du bâtiment. Si ce procédé a possiblement un rôle prépondérant à jouer dans la politique de rénovation actuelle, il est indispensable de bien préciser ses conditions de fonctionnement et d’installation afin d’éviter certaines situations inadaptées.

Pour mieux caractériser l’intérêt de recourir à ce mode de chauffage, un groupe de travail a été constitué de conseillers France Rénov’, d’experts de la rénovation et de la géothermie, et d’associations telles que le Cler-Réseau pour la transition énergétique et négaWatt. C’est dans ce cadre qu’au second semestre 2022, cette dernière à mener une étude pour déterminer les conditions requises pour qu’une PAC puisse substituer efficacement une chaudière.

Rénover puis s’équiper

Plusieurs enseignements de l’étude « Rôle de la pompe à chaleur dans la stratégie de rénovation » ont ainsi pu être tirés. Tout d’abord, les PAC ne peuvent fonctionner que si la température nécessaire aux émetteurs de chaleur des logements est inférieure à 55 °C. Dans des logements d’avant 1975 où les radiateurs sont alimentés avec une eau à 90°C, ce procédé sera inefficace. C’est également le cas par temps froid pour les logements mal isolés car les PAC ne pourront pas non plus fournir une puissance suffisante. « À défaut de rénover préalablement les bâtiments, la mise en œuvre d’une PAC suppose de disposer ou de mettre en place une installation de chauffage complémentaire. Cela peut-être des convecteurs électriques, le fonctionnement de la PAC en relève de la chaudière existante, une PAC hybride ou à haute température », précise négaWatt.

Toutefois, si les bâtiments sont rénovés préalablement de sorte que la température de départ des émetteurs soit de 45 °C, les bénéfices d’une PAC sont évidents. Pour les logements de classes F et G chauffés par hydrocarbure, les auteurs ont ainsi observé une division par 100 des émissions de GES et par 15 des consommations d’énergie primaire. « Une rénovation complète et performante, et pour un coût total sensiblement équivalent, il est préférable de mettre en place une PAC plutôt qu’une chaudière car cela permet de réduire à moins de 1,0 kgCO2/m²/an les émissions de GES du chauffage », insistent les auteurs. Ces derniers préconisent par ailleurs le recours à des PAC eau/eau par rapport aux PAC air/eau car elles réduisent encore de 25 % la puissance de pointe et de 14 à 18 % la consommation et les émissions selon le choix du mode de régulation.

Recommandations nationales et européennes

À partir des différentes conclusions de l’étude, ainsi que des réflexions du groupe de travail, le Cler-Réseau pour la transition énergétique et négaWatt ont établi plusieurs recommandations politiques. Une des premières serait de restructurer le système des aides à la rénovation en priorisant les démarches globales et performantes. Les aides à l’acquisition et l’installation de PAC devraient en outre être conditionnées au respect de critères techniques, c’est-à-dire à un régime de température des émetteurs inférieure à 55°C, ce qui garantit leur fonctionnement et leur efficacité optimaux. Un meilleur encadrement de l’installation de PAC avec complément de chauffage est aussi attendu, ainsi que des prix des équipements et de la pose. Le changement d’un système de chauffage devra en outre être conditionné à un passage obligatoire par un espace France Rénov’ qui pourra jouer le rôle de tiers de confiance. Enfin, des modifications à l’échelle européenne doivent intervenir, notamment pour renforcer l’ambition des directives sur la performance énergétique des bâtiments ainsi que les exigences en la matière des PAC dans les règlements sur l’écoconception.

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