Des voitures électriques plus petites pour économiser les métaux critiques
Michael FlippoPour diminuer la consommation de métaux nécessaires à la transition énergétique, la Fédération européenne pour le transport et l'environnement (T&E) plaide pour des véhicules plus petits.
Cette organisation regroupant une cinquantaine d'organisations non gouvernementales actives dans les secteurs des transports et de l'environnement, a estimé les leviers possibles pour réduire la demande en matières premières dans le secteur des transports. En effet, selon cette étude*, elle devrait être 4 à 10 fois supérieur en 2050 par rapport à 2022. Ces mesures, mises en place simultanément, permettraient ainsi de diminuer la consommation de lithium, nickel, cobalt et manganèse de 36 à 49 %.
La plus efficace ? Fabriquer des véhicules électriques plus petits. La taille des batteries abaissée, les besoins en métaux le seraient aussi de 19 à 23 %. Par ailleurs, ces voitures pourront fonctionner avec des batteries construites grâce à des chimies moins gourmandes en ressources, ce qui peut encore décroître la demande de 4 à 20 %.
Orienter la production
T&E préconise ainsi d’orienter la production vers les petits véhicules et de décourager celle de véhicules utilitaires sport (SUV). À l’échelle européenne, l’organisation propose d’instaurer des normes d’efficacité pour les batteries et l’obligation pour les constructeurs automobiles de produire davantage de modèles électriques d’entrée de gamme. Elle conseille également une politique commune de développement industriel des nouvelles technologies telles que les batteries à base de fer (LFP) et à base de sodium (Na-ion).
Au niveau national, elle recommande de conditionner les aides publiques aux petits véhicules ou d’inclure les SUV électriques (et hybrides rechargeables) dans le malus au poids. L’association déplore en effet le manque de voitures électriques « abordables et adaptés aux besoins réels des ménages » dans la mise en place du dispositif de leasing social à partir de 100 euros par mois voulu par le Gouvernement. « Il existe un marché pour des millions de petits véhicules électriques en Europe. La demande est là, mais l’offre ne suit pas », relève Diane Strauss, directrice du bureau français de T&E.
Enfin, pour l’organisation, reporter les trajets en autosolisme au bénéfice des modes de transport collectifs ou actifs (vélo, marche) permettrait de réduire la demande en matières premières de 7 à 9 %.