Constatant que la part de la valeur ajoutée industrielle française dans la zone euro chute depuis dix ans, tombant récemment à 14 % (contre 35 % pour l’Allemagne), le ministre Christian Estrosi a lancé les États généraux de l’industrie le 2 novembre 2009. 120 réunions plus tard, le comité national et les ateliers régionaux ont exploré cinq thématiques transverses : innovation et entreprenariat ; emploi et formation ; accès aux financements ; compétitivité et croissance verte ; politique de filières. Alors que les États généraux doivent normalement se poursuivre jusqu’à la fin du mois de février, un rapport d’étape a d’ores et déjà été remis au ministre le 5 janvier .
Fort de ce rapport, M. Estrosi a profité d’une conférence à Sophia-Antipolis le 15 janvier pour dévoiler quelques mesures déjà bien engagées. D’après la revue L’Usine nouvelle, présente sur place, des prêts verts devraient être créés et un dispositif de crédit d’impôt innovation viendra compléter le crédit impôt recherche. Par ailleurs, des primes à la relocalisation pourraient être accordées aux entreprises de moins de 5 000 salariés qui rapatrient leur production. Une Banque de l’industrie devrait être créée. Banque un peu spéciale puisqu’elle ne devrait pas accorder de crédit, mais plutôt coordonner les financements à long terme, conseiller les PMI et limiter les garanties personnelles demandées aux dirigeants. Enfin, parce que l’industrie a besoin de temps pour développer ses innovations, M. Estrosi a évoqué l’éventualité de diriger vers elle une partie de l’encours de l’assurance-vie.
Sur les 35 milliards d’euros du grand emprunt national, 1 milliard serait réservé pour financer les mesures qui sortiront de ces états généraux. 17 milliards d’euros seraient également prévus pour l’industrie en général.
«L’environnement n’est pas l’ennemi de l’industrie, c’est son avenir. Les écotechnologies présentent un potentiel de 50 milliards d’euros d’activité à horizon 2020», avait déclamé M. Estrosi lors d’un discours prononcé à Bercy le 15 octobre 2009. Il faudra néanmoins attendre la grand-messe de Nicolas Sarkozy en février pour connaître les modalités exactes de l’avenir de l’industrie française.